Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Modousylla.overblog.com

Portail personnel d'interaction constructive pour un meilleur devenir du Sénégal

Publicité

LES CHAUSSETTES A TOUBA

Son véhicule bien stationné, l’homme descend et traverse la rue. Il s’arrête devant la table d’un vendeur de friperie qui étale des chaussettes. Après un bref marchandage, le client sort son porte-monnaie et se paie trois paires de chaussures. Il retourne sur ses pas, s’installe sur son véhicule et enfile ses chaussettes avant de prendre la direction de la Grande Mosquée de Touba. A l’image de cet homme, la majorité des fidèles mourides ont les pieds couverts par des chaussettes. Il y en a pour toutes les marques et couleurs. Mais, la ruée vers le port de chaussettes, devenue une mode à Touba, n’est pas gratuite, même si les objectifs visés sont différents. Si certains portent des chaussettes pour entrer sans difficulté à l’intérieur des lieux de culte, d’autres le font pour protéger leurs pieds.

Des chaussettes de couleur grise aux pieds, Mamadou Dème, un vendeur de sachets en plastique, révèle que c’est pour pouvoir entrer dans la mosquée sans s’attarder à chercher une place où garder ses chaussures. «On ne peut pas entrer dans certains endroits comme la Mosquée avec les chaussures et on ne peut pas non plus rester pieds nus, donc mieux vaut avoir des chaussettes. C’est plus pratique et on ne court pas le risque d’être victime de vol de chaussures», explique le jeune vendeur, rencontré aux alentours de la Résidence Khadimou Rassoul. Mamadou Dème porte d’un seul coup trois paires de chaussettes. Autre lieu, autre explication du port des chaussettes. Croisée aux abords du mini-marché, en face de la grande Mosquée, Fatou Bintou, une restauratrice habitant à Keur Massar, dit porter des chaussettes pour se protéger les pieds. «Je veux me protéger de la poussière et du froid. Je ne veux pas que mes pieds subissent l’effet du froid», dit-elle.

Le commerce de chaussettes est très florissant en cette période de Magal. Dans chaque coin de rue de la ville, il y a un vendeur de chaussettes. Les étals se comptent par dizaines. Les gens viennent, chaque année, à Touba uniquement pour vendre des chaussettes. C’est le cas de la dame Adji Fall qui a délocalisé son foyer à la ville sainte, le temps du Magal. Trouvée devant sa table garnie de friperies, cette mère de famille, venue de Khombole, dit être dans ce commerce depuis huit ans maintenant. L’air timide, Adji Fall, qui porte elle aussi des chaussettes, explique : «J’ai duré dans la vente de chaussettes. Chaque Magal, je viens avec mon époux et mes deux enfants pour vendre des chaussettes. Et ce n’est pas seulement lors du Grand Magal, nous venons aussi à l’occasion des autres évènements religieux.» La paire de chaussettes est vendue entre 200, 300 et 500 FCfa. Et les chaussettes en friperie sont plus chères que les neuves. Ce qui s’explique, selon les vendeurs, par le fait que la friperie est meilleure en termes de qualité. «Les chaussettes en friperie sont plus dures, on peut les utiliser pendant tout le Magal et parfois même après», théorisent-ils.

«Chaque jour, je fais une recette minimale de 10 000 F Cfa…»

Même si les chaussettes se vendent à un prix insignifiant, les vendeurs ne se plaignent pas. Ils tirent leur épingle du jeu. «Nous rendons grâce à Dieu et à Cheikh Ahmadou Bamba qui est à l’origine de cet événement. Nous parvenons à écouler notre marchandise, c’est le plus important. Nous vendons bien, même s’il n’y a pas une grande marge bénéficiaire», relativise Adji Fall. Sans vouloir donner son chiffre d’affaires exact, elle lâche : «Je gagne en moyenne 10 000 FCfa par jour. C’est minime parce que ce n’est pas encore le rush. Le commerce est plus rentable la veille du Magal ou le jour même.»

De son côté, Adama Niang, habitant Nguer Malal, dans la région de Louga, a amené une quinzaine de rouleaux de chaussettes cette année. Le jeune homme, la trentaine, a même augmenté la quantité de sa marchandise par rapport aux années précédentes. «J’ai amené cette année en moyenne une quinzaine de rouleaux de chaussettes et j’espère pouvoir tout vendre comme l’année dernière et avoir le même chiffre d’affaires, sinon plus. Le Magal dernier, j’avais collecté en 10 jours plus de 100 000 FCfa de bénéfices», se réjouit-il.

L'OBS

Publicité
LES CHAUSSETTES BAS FONT FUREUR A TOUBA EN TOUT TEMPS PAR COMMODITE

LES CHAUSSETTES BAS FONT FUREUR A TOUBA EN TOUT TEMPS PAR COMMODITE

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article